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Nobody knows

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les avis de Cinemasie

9 critiques: 3.31/5

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36 critiques: 4.05/5



Elise 4.5 Quelques petites longueurs, mais franchement je suis tombé sur le cul
drélium 4
Tenebres83 4
Yann K 3.75 Pour quelques longueurs de trop, un film presque grand
Ordell Robbie 3.5 Décevant mais de bonne facture
Xavier Chanoine 3 Zonage en danger
MLF 3
jeffy 2 Désolé de ne pas avoir accroché
Arno Ching-wan 2 Postulat de départ louable, traitement foireux
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


Quelques petites longueurs, mais franchement je suis tombé sur le cul

Avant de voir le film, on m'a dit que c'était inspiré d'un fait réel ; c'est bien possible, vu que je ne savait absolument pas de quoi ca parlait, et je naviguais un peu dans le flou, ne sachant pas si le fait réel était un mythe invité par le bouche-à-oreille des spectateurs où s'il y avait quelque de réel derrière. Mais je me suis dit que je saurais sans doute cela plus tard (et rien n'empêche de faire des recherches par la suite). Finalement, la mise en place du film m'a un peu refroidi quelque peu ; je n'avais pas lu le synopsis et je ne voyais pas bien où le réalisateur voulait en venir ; à partir du moment où j'ai saisi la substance du film, je suis bien rentré dedans, et ca m'a vachement bouleversé. Voir ainsi 3 gamins vivrent tout seul dans une maison pendant plusieurs mois... mais c'est à se demander comment ils ont réussi à survivre, et toute cette histoire de fait réel parait irréaliste. Et pourtant, à la fin du film, l'auteur en rajoute une couche en disant que c'est inspiré d'une nouvelle qu'il avait lu dans les journaux où il était question de 3 enfants qui avaient vécu pendant 6 mois tout seuls dans un appartements à Tokyo ; de quoi foutre les boules.

Le sujet est quand même très évocateur ; comment les gens ont-ils pu céder ainsi à l'indifférence ; au début, la mère cache les enfants parce qu'ils ne sont pas déclarés, et quand elle disparaît, ils continuent à se cacher, jusqu'au bout, car s'ils sont découvert, ils devront être séparés à l'orphelinat, et ils le refusent. Mais ils ne peuvent pas se cacher éternellement, et à partir du moment où la maison est coupée de gaz et d'électricité, ils sont bien obligés de sortir ; et finalement, tout le monde sans fout ; trois gamins se promènent en loques sales pour aller laver leurs fringues à la fontaine, et ca n'alerte personne ; même le vendeur du supermarché n'est pas choqué par la situation et au lieu de prévenir une assistance sociale, leur donnent de la nourriture par derrière. Et pire, la proprio de l'appartement qui repasse pour demander le loyer, n'est pas choquée de voir 3 enfants dans la maison sans parents et dis qu'elle repassera plus tard sans montrer la moindre envie de se soucier du sort des enfants. Et dire que c'est le reflet de la société individualiste, ca pousse réellement un gros coup de gueule en direction de l'attention générale. Ca montre un réel problème de société, où chacun pour sa gueule, ne se soucie pas de ses voisins, fussent-ils en train de crever dans la misère à tenter de survivre sous le peu de considération qu'on leur laisse.


Et toute la fin du film, qui rappelle le film le plus triste du monde Le Tombeau des Luciolles, par son dénouement si similaire, montre un autre aspect de cette exclusion des enfants. Après la mort de leur soeur, les enfants sont certes tristes mais... ils ne pleurent pas ; en effet, pourquoi pleurer quand personne n'est là pour voir tes larmes, et pour te prendre en compassion ; ils sont dans une tout autre univers, complètement décalé du monde réel ; et même la fille qui leur vient en aide, elle n'a croisé leur chemin que parce que déjà elle avait été exclue et s'est sentie proches d'eux par ce biais ; mais tous ceux qui sont intégrés à la société ne comprennent pas la situation dans laquelle ces enfants sont, où bien la rejettent de leurs pensées pour ne pas avoir à se sentir coupable de ne pas venir en aide, à l'instar des « amis » du fils aîné qui le fréquentent un temps simplement pour profiter de certaines choses lui appartenant allant même jusqu'à le tenter à voler.


La pour un chef d'oeuvre critique, c'est un sacré morceau ; ca m'a vraiment retourné, et même si, comme tout le monde le dit, il y a quelques longueurs, le film est d'un teneur passionnante qu'il faut voir jusqu'au bout pour saisir l'ampleur du coup de gueule.



20 avril 2005
par Elise




Pour quelques longueurs de trop, un film presque grand

Ceux qui aiment la radicalité presque théorique des premiers films de Kore-eda pourraient être décus par celui-ci, volontairement lissé pour mieux privilégier l'émotion. On peut aussi penser que, à l'instar d'Akihiko Shiota ou autres cinéstes indépendants japonais lassés que personne ne voient leurs films chez eux, il ait eu envie de faire un film plus consensuel. Heureusement, Nobody Knows n'est pas pour autant mauvais. Kore-eda est un grand qui fait évoluer sa mise en scène à chaque film. Ici il vise le classicisme, la caméra qui s'efface modestement, la narration fluide et ample. Il a l'intelligence de raconter le moment le plus tragique du film avec une pudique ellipse. Le film se voit donc avec plaisir.

Les acteurs sont sa grande force et les avoir dirigé avec autant de finesse est la plus grande réussite de Kore-eda. Le garçon emblème (extraordinaire gueule sur l'affiche) a une intensité dans les yeux, un courage inné, une présence qui fait tenir tout le film. Comme Cannes adore primer les amateurs, cela fait un prix d'interprétation pas volé, mais surprenant quand même (on aurait plutôt vu un prix du scénario ou de la mise en scène). La mère est bouleversante, la jeune fille solitaire aussi craquante que touchante, les autres enfants sont adorables, mais jamais le film ne verse dans la mièvrerie facile (oh qu'ils sont mignons!) puisque cette famille sans parents est de plus en plus crade, triste et endurcie. Sur un postulat de départ proche de celui du Demi-tarif d'Isild Le Besco (regarder vivre des enfants sans mère) le propos de Kore-eda est inversé: là où Isild Le Besco magnifiait la dèche tout en glisssant que ça pouvait être parfois triste, Kore-eda dit qu'il n'y a rien de drôle à être pauvre et abandonné, même si parfois c'est cool de faire les cons sans maman. On retrouve alors ce qui faisait le prix de Distance: un cinéma à la fois profondément sentimental, mais toujours avec, justement, de la "distance".

Un beau film, donc, mais pas non plus le grand film qu'on attend de Kore-eda, ne serait-ce que parce que personne n'a compris pourquoi cela tirait jusqu'à 2h20. L'avis général, et peut être sera t-il entendu pour un remontage, est que Nobody Knows a des longueurs inutiles, une fin à rallonge, un début laborieux, quelques facilités paresseuses décevantes quand on a goûté à la sécheresse intriguante des premiers Kore-eda.



30 juin 2004
par Yann K




Décevant mais de bonne facture

Ni déshonorant ni enthousiasmant, Nobody Knows est un film d'auteur japonais bien fait dans l'ensemble et très accessible. Du moment qu'on arrive à mettre de côté l'attente générée par sa récompense cannoise et le nom de Kore-eda. Comme dans son précédent Distance, Kore-eda s'est ici inspiré d'un fait divers réel pour un résultat final plus inégal. Ici, la caméra tremble avec plus de légèreté que dans son film précédent et la mise en scène est dans l'ensemble plus classique. Le sens du cadre du cinéaste éclate d'ailleurs lors des plans distants qui parsèment le film. Mais Kore-eda a trop souvent tendance à recourir au gros plan pour souligner les émotions des personnages et ce côté parfois systématique vire à la facilité de mise en scène. Un des gros lieux communs cinéphiles -pas totalement injustifié ceci dit- est qu'un grand cinéaste se reconnaît à son sens du détail. Et cela, Kore-eda semble l'avoir trop bien compris. La mise en scène se démène en effet pour saisir, isoler à coup de gros plans le détail qui va révèler ce que ressentent les personnages. Sauf qu'elle a tendance à s'attarder un peu trop sur eux...

Dans l'ensemble, le traitement du film a les défauts de ses qualités: s'il évite les gros pièges de son sujet, il n'arrive pas à le transcender. Il est ainsi moins souvent touché par la grâce que Distance. Le principal défaut du film est d'être beaucoup trop long: moins à cause des quelques plans un peu trop insistants isolant les détails déjà mentionnés qu'à cause de passages inutiles à la progression narrative. On n'en aurait pas voulu à Kore-eda s'ils avaient été un minimum réussis. On aurait même apprécié qu'il prenne son temps. Mais comme ce n'est pas le cas... Venons-en maintenant à sa récompense cannoise. Personnellement, je la trouve hautement contestable. Récompenser des non-professionnels à Cannes pour les Prix d'Interprétation est entré dans les moeurs festivalières depuis le coup d'éclat du palmarès cronenbergien. Mais autant cela peut se défendre dans le cas d'un film comme l'Humanité où les rôles demandent un vrai effort de composition autant je suis moins d'accord ici. Tout simplement parce que Yagira Yuuya est touchant de naturel mais dans un rôle ne demandant pas de gros effort de composition pour un enfant. Cela fonctionne très bien mais il y a autant interprétation que quand certaines rocks stars rejouent leur personnage public à l'écran. Le point positif, c'est que cette récompense permet de donner un coup de projecteur sur un auteur japonais de talent autre que les sempiternels Kitano et Kurosawa Kiyoshi. Même si le donner au travers d'un tel prix a le goût du cadeau empoisonné... Il aura permis en tout cas à Yagira Yuuya de s'engager définitivement dans le métier d'acteur.

On guettera la suite de sa carrière en lui souhaitant d'avoir l'opportunité de vraiment montrer son talent d'acteur. Et on espère aussi que Kore-eda retrouvera la réussite de son film précédent très vite.



29 octobre 2004
par Ordell Robbie




Zonage en danger

Valant principalement pour la belle performance des gamins et pour le combo regard d'auteur/lente tragédie urbaine, Nobody Knows est un énième film social, bien fait, pointant du doigt des "oubliés" de la société, terrés dans leur appartement, cachés par leur mère qui ne tardera pas à quitter le navire pour travailler dit-on à Osaka. Littéralement cachés, les gamins, à part Akira, débarquent tous cloîtrés dans des valises lors du déménagement. On ne comprend pas très bien au début, d'où ce premier point heurtant. Le deuxième point sensible c'est la double personnalité de la mère, interprétée par YOU, actrice découverte tardivement, intéressante ici parce qu'à la fois mère protectrice mais aussi femme perturbée par le laisser-aller de l'alcool et du coeur. La vraie raison de son départ est bien entendu sa nouvelle conquête amoureuse, sans doute celle-ci sera la bonne après que ses ex lui aient laissé quatre enfants à sa charge. On n'en saura pas plus, le film s'axant principalement sur les quatre gosses, adorables, où l'esprit d'équipe est facteur de "survie". Mais en toute logique le plaisir de se retrouver à "quatre à la maison" sera de courte durée, avant que les factures impayées recouvrent les tables et que les conditions de vie se détériorent de plus en plus. Enchaînant les scènes du quotidien avec une belle fluidité et une qualité de mise en scène ciblant le "détail", Koreeda donne à son film le cachet "film d'auteur" de par son message, sa critique et sa forme. Et lorsque Nobody Knows culmine dans un final flou et désenchanté, les amateurs du genre ne peuvent que crier au géni. Pourtant, la recette du film est terriblement classique, ne dépassant jamais le stade de film "bien fait" et bien exécuté dans sa forme sans aller plus loin que le premier auteur japonais venu. Certes la musique rafraîchissante de Gontiti apporte suffisamment d'ironie et d'utopisme à l'ensemble pour le rendre déstabilisant, jamais le film ne crée la surprise tant attendue. Les séquences amusantes ne manquent pourtant pas, comme la première sortie des gamins à l'air libre ou les regards timides et incertains entre Akira et Saki, écolière à la beauté ténébreuse, mais Koreeda ne surprend plus. Au final Nobody Knows est un bon film, vraiment, mais qui n'apporte rien au genre malgré l'interprétation courageuse de Yagira Yuuya qui ne vole pas forcément la vedette aux autres enfants, criants de naturel.

 



16 juin 2008
par Xavier Chanoine




Désolé de ne pas avoir accroché

J'aurais pourtant préféré l'apprécier, mais malgré toutes ses qualités, le film m'a semblé terriblement long, monotone, ennuyeux. La faute à quoi? La précision de la réalisation y est sans doute pour beaucoup. Tout y est exactement démontratif, tombant là l'on pouvait le prévoir. C'est valable aussi bien à l'intérieur des plans que dans la construction générale de l'histoire. Il semble évident que le parti pris a été celui du réalisme, mais le traitement fait plus penser au cinéma d'état soviétique qu'au cinéma réaliste italien pour prendre des exemples extérieurs. N'ayant jamais été surpris, je n'ai finalement pas été intéressé à suivre cette histoire. Désolé!

06 mai 2005
par jeffy




Postulat de départ louable, traitement foireux

On se fait un tarot à 4?Aaah ces films qui vous balancent des réalités sociales en pleine tronche. A chaque fois c'est pareil, peu importe la qualité du film, de son interprétation, et du reste, par le sujet traité le métrage aura toujours l'indulgence, voir même la reconnaissance de beaucoup. Parce que ce film existe, parce qu'un réalisateur pointe du doigt un fait d'actualité ultra glauque, cette bonne intention cautionnerait dès lors la réussite de l'oeuvre?

A l'arrivée, et malgré toute la volonté d'un spectateur réellement touché par le drame en question, on est en droit de rester dubitatif devant la chose. C'est long, très lent, la direction d'acteurs semble pour le moins aléatoire, la progression du récit est laborieuse et les ficelles larmoyantes de l'ensemble sont tellement énormes qu'il devient difficile d'adhérer à une histoire à laquelle on accrochait pourtant au départ.

Vous avez juste lu le résumé? Cela suffit, "Nobody Knows" ne vous apprendra rien de plus, si ce n'est que les journalistes n'ont pas le monopole de la dramatisation facile. C'est convenu, déjà vu, et nous renvoie à pas mal d'autres trucs dans le même genre, Yi Yi, mais surtout Le Tombeau des Lucioles, anime sur lequel Nobody Knows pompe allègrement son final pour toucher les chaumières équipées de glandes lacrymales très sensibles (via antenne télé, câble, satellite, lecteur dvd... Bon public mais modernes les chaumières).

Quelques passages font malgré tout mouche, comme par exemple la dégringolade des amitiés du héros en fonction de son état de pauvreté, ou bien encore ces quelques regards qui en disent long sur les ressentiments de chacun. L'aspect irréversible de l'histoire transforme le film en expérience difficile, via la lente dégradation des mômes. C'est trop appuyé pour véritablement convaincre.

L'autre gros point négatif est le jeu des acteurs, et les caractères de ces personnages. Quoi qu'on en dise, un acteur qui reste stoïque, inexpressif, avec un regard distant, ça passe de temps en temps pour les tourments intérieurs, "the less is the best" diront les acteurs du studio, mais à force ça ne sensibilise plus personne et rend les évènements plus inhumains que véritablement dramatiques. Dommage, car un cri, des larmes, et plus de turbulences en provenance de ces gamins beaucoup trop sages auraient été les bienvenus. Le Japon n'est pas seul dans ce cas, il n'est pas nécessaire d'aller si loin pour trouver des familles défavorisées très-très nombreuses. Ces enfants sont tous des anges, vraiment? On aurait été émus de voir ces gosses tourner vraiment mal, on aurait pleuré de les voir cracher à la face du monde, on aurait tremblé de les voir sourire, fiers d'avoir commis une saloperie, on aurait été bouleversés de les voir cautionner leur propre perversion, pour une fois réellement expliquée par l'appelation contrôlée "enfance malheureuse". Peut être dans Nobody knows 2, le retour de l'enfant massacre, mais pas devant ce téléthon niaiseux et complaisant, dont le scénario semble d'avantage provenir d'un debriefing de soirée tupperware des femmes du Lion's Club que d'un sociologue averti. Et comme un homme averti en vaut 2, ça fera la note tiens.



29 décembre 2004
par Arno Ching-wan


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